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« Mets ta joie dans le
Seigneur » (Ps 36,4).
Voilà ce qui résonne en moi en
pensant à nos dimanches
Dimanche, « Jour du Seigneur
» : un jour offert par le Seigneur pour nous donner sa joie, si nous
voulons bien mettre notre joie en lui, un jour « spécial », qui rompt
le rythme des jours ordinaires de la semaine pour ouvrir un espace de
joie, de détente, de repos, de liberté « dans le Seigneur ».
Il commence le samedi soir à
Vêpres. Il a fallu peiner pour « boucler » tous les travaux de la
semaine : ceux du gagne-pain (tissage, couture, reliure, ordinateur,
etc.) et ceux de l'entretien (cuisine, ménage, bois, jardin,
bâtiment...) sans compter la formation initiale ou continue, la
préparation de la liturgie, l'infirmerie, l'accueil, le courrier et
j'en passe... Mais voici qu'on range les outils, les Vêpres sonnent,
c'est dimanche ! On commence à chanter la joie de la Résurrection, et
le soir aux Vigiles, nous partagerons spontanément sur l’évangile.
Dimanche : le jour se lève…,
jour de repos, aussi nous nous levons une heure plus tard, ce qui est
fort apprécié. Nous nous retrouvons toutes pour les Laudes à 7 h
15 :

« Le Seigneur est vraiment ressuscité,
Un sang neuf coule aux artères du Corps
entier,
La nuit du temps se change en lumière,
L'Homme était mort, il est vivant
! » .
La louange pascale nous met le cœur en fête
pour la journée.

 
Jour de liberté : chacune prend
l'oraison du matin et celle du soir, où et quand elle veut, ce qui peut
être
à l'oratoire où le Saint
Sacrement est exposé toute la matinée, soit dans les bois, soit en cellule.
Et chacune peut vaquer à des
occupations impossibles les autres jours : lire des revues ou des livres
d'art ou d'histoire, se battre avec la grammaire hébraïque, prendre
une leçon de flûte, de guitare ou de grec, tenter d'accorder les
violons, l'orgue et la cithare, ou simplement se promener dans les bois,
guettant à la jumelle chevreuils, renards ou écureuils.

Jour de joie familiale aussi :
après le repas de midi - bien amélioré - on peut assister parfois à
un match de badminton l'été ou à une course de ski de fond l'hiver.
Les supporters ne manquent pas, les anciennes applaudissant aux exploits
des plus jeunes. Mais on n'a jamais vu de hooligans !
Enfin l'Eucharistie est vécue
en fin d'après-midi, comme le sommet de la journée, la Rencontre du
Ressuscité, désirée d'un grand désir...
Elle suit les Vêpres
festives et notre grand bonheur est de prier avec une petite foule
rassemblée pour partager la même action de grâces. Nous nous sentons
alors au cœur du Peuple de Dieu : « Mets ta joie dans le Seigneur ! »
La soirée s'achèvera peut-être l'été dans
un dîner champêtre sous le « Chêne de Mambré » ou l'hiver autour
d'un grand feu de bois dans la cheminée.
Et la nuit nous trouvera
prêtes pour de nouvelles Vigiles,
celles d'un jour ordinaire au service
du même Seigneur.
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