http://elisabeth-dijon.org
Méditations

Immobile mobilité

Accueil
La Prière   ... chantée
La vie d'Elisabeth
Une époque
Ses écrits
Une vraie musicienne

La neuvaine

Méditations

échos du Centenaire

Bibliographie 
Catalogue
Le pèlerinage
Textes pour célébrer
Le Carmel de Dijon
Courriel

Parole de la semaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RéSUMé : L’expression de la Prière d’Élisabeth « immobile et paisible » soulève une objection: cette spiritualité ne peut pas rejoindre quelqu’un livré à la trépidation du monde que nous connaissons.

Essayer d’entendre Élisabeth découvre cependant de manière nouvelle l’exigence et l’absolu de l’Amour habitant le cœur de tout homme.

*  *

*

O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité.

 

L’entrée majestueusement envoûtante de la Prière d’Élisabeth semble acheminer doucement vers le rivage immobile et paisible de l’éternité.

Il arrive alors que certaines personnes éprouvent un instant de découragement : cette prière est bien pour une « âme contemplative », ce qu’il faut entendre pour une-personne-totalement-déconnectée-des-réalités-humaines-dans-lesquelles-je-vis, donc pas pour moi. Et cette tristesse peut reléguer Élisabeth elle-même dans les parterres des âmes mystiques inaccessibles au commun des mortels.

Or la prière d’Élisabeth, éminemment chrétienne, est profondément incarnée. Elle n’a pas pour but d’inciter à l’évasion d’une réalité mouvementée. Elle est un échange d’amitié entre personnes vivantes. Et l’immobilité à laquelle aspire Élisabeth est bien mobile. Pour s’en convaincre il suffit de poursuivre la prière : que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère et que je sois là… toute livrée à votre action créatrice.

On ne sera pas étonné, alors, d’apprendre que le mot « immobile » ne fait pas partie du vocabulaire de cette jeune femme passionnée. Elle ne l’emploie que deux fois dans l’ensemble de ses écrits ! Et encore s’agit-il d’une citation qu’elle fait d’un traité spirituel et qu’elle utilise deux fois : dans sa Prière et dans la Dernière Retraite.

*  *

*

Que demande alors en fait Elisabeth ? … m’établir en vous

 

établir qui désigne le désir, la recherche d’un état stable, est un terme qu’Élisabeth utilise volontiers pour évoquer l’union et particulièrement l’union entre Dieu et la personne. Voilà ce qu'Il veut faire en vous : à toute minute il veut que vous sortiez de vous, que vous quittiez toute préoccupation, pour vous retirer en cette solitude qu'Il se choisit au fond de votre cœur. Lui, Il est toujours là, encore que vous ne le sentiez pas ; Il vous attend et veut établir avec vous « un admirable commerce », comme nous le chantons dans la belle liturgie, une intimité d'époux et d'épouse ; [L 249 à madame Angles – 26 novembre 1905] ; et encore : Lorsqu'une âme est fidèle à tous les moindres désirs de son Cœur, Jésus à son tour est fidèle à la garder et Il s'établit entre eux une si douce intimité... [L 278 à Germaine de Gemeaux – vers le 10 juin 1906].

*  *

*

Cette union se réalise par le moyen de la prière comme Élisabeth le souligne dans une lettre, encore à Germaine de Gemeaux : Aimez toujours la prière… et quand je dis la prière, ce n'est pas tant s'imposer quantité de prières vocales à réciter chaque jour, mais c'est cette élévation de l'âme vers Dieu à travers toutes choses qui nous établit avec la Sainte Trinité en une sorte de communion continuelle, tout simplement en faisant tout sous son regard. [L 252 de fin décembre 1905].

 

Une prière qui veut atteindre la paix, celle-ci étant à la foi un combat et un don.

*  *

*

Un combat car Élisabeth demande justement à Dieu de l’aider à s’oublier pour être paisible, comme elle lui demande que rien ne vienne troubler cette paix.

On peut s’étonner d’une telle demande : Élisabeth n’est-elle pas carmélite ? donc religieuse… donc cloîtrée… donc préservée du monde… Ne vient-elle pas de vivre deux retraites presque l’une derrière l’autre : sa retraite personnelle faite au début du mois d’octobre et la retraite communautaire qui s’achève en ce 21 novembre. Comment peut-elle, après tout cela, demander d’être établie immobile et paisible ? Comment ne l’est-elle pas déjà ?

Cette paix s'obtient par l’oubli de soi et Élisabeth demande à Dieu de l’aider à s’oublier entièrement. L’expression semble bien rude. Les sciences humaines ne nous ont-elles pas appris à nous méfier d’une telle attitude de négation de soi ? Mais, justement : l’oubli de soi n’est pas la négation de soi.

Contemporaine de la naissance de la psychanalyse dont elle ne pouvait avoir connaissance Élisabeth propose un chemin vers le bonheur avec la mise en œuvre d’attitudes spirituelles classiques, profondément humaines et qui, ayant été mises à l’épreuve, continuent à faire leur preuve. Et le secret de ce bonheur, c’est… s'oublier, se quitter, ne pas tenir compte de soi, regarder au Maître, ne regarder qu'à Lui, recevoir également comme venant directement de son amour, la joie ou la douleur; cela établit l'âme sur des hauteurs si sereines !... [L 333 à madame de Bobet – fin octobre 1906] ou encore à madame Angles qui souffrait de dépression à la suite d’une intervention chirurgicale douloureuse et vivait dans une solitude intérieure lourde à porter : je crois que le secret de la paix et du bonheur, c'est de s'oublier, de se désoccuper de soi-même. Cela ne consiste pas à ne plus sentir ses misères physiques ou morales; les saints eux-mêmes ont passé par ces états si crucifiants. Seulement eux ne vivaient pas là; à tout instant ils quittaient ces choses; lorsqu'ils se sentaient touchés par elles, ils ne s'en étonnaient pas, car ils savaient de " quelle argile ils étaient faits "… [L 249, novembre 1905]

Cet oubli de soi conduisant à la paix est l’objet d’un combat, comme elle le laisse entendre dans sa Dernière Retraite : Une âme qui discute avec son moi, qui s'occupe de ses sensibilités, qui poursuit une pensée inutile , un désir quelconque, cette âme disperse ses forces , elle n'est pas tout ordonnée à Dieu : sa lyre ne vibre pas à l'unisson et le Maître, quand Il la touche, ne peut en faire sortir des harmonies divines, il y a encore trop d'humain, c'est une dissonance. (Dernière retraite – Deuxième jour). S’oublier consiste donc à abandonner tout ce qui nous distrait de l’Unique nécessaire, et... c'est un travail sans cesse remis en chantier.

Pour peu que l’on en ait l’expérience on s’aperçoit que cet abandon ne se réalise pas à la seule « force des poignets ». Certes on doit se disposer à la paix mais il s’agit aussi de la recevoir. Et c’est pourquoi Élisabeth passe de aidez-moi à Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Ce qui est demander au Seigneur de réaliser cette promesse qu’il a faite : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. [évangile selon St Jean, chapitre 14, verset 23] Car la paix est réalisée par Sa présence : Jésus vint et se tint au milieu et il leur dit : " Paix à vous ! " [évangile selon St Jean, chapitre 20, verset 19] ou encore, avec les termes d’Élisabeth : Voilà l’œuvre du Christ en face de toute âme de bonne volonté, et c'est le travail que son immense amour, son « trop grand amour », le presse de faire en moi. Il veut être ma paix afin que rien ne puisse me distraire ou me faire sortir de "la forteresse inexpugnable du saint recueillement " [Dernière Retraite, Douzième jour]. Encore faut-il qu’on ne Le laisse pas seul d’où la suite de la demande d’Élisabeth : que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, c’est-à-dire entièrement livrée dans la foi à l’adoration de Dieu et à la volonté sur elle.

*  *

*

En demandant à Dieu de l’aider à s’établir en Lui immobile et paisible Élisabeth ne témoigne donc pas d’une vie éloignée des contingences humaines desquelles la couperait son union à Dieu. 

écrivant sa prière en un jour où les carmélites renouvellent leur vœux, mémorial de leur profession religieuse, elle a voulu laisser la trace pour elle-même d’un élan d’amour être épouse, c'est avoir tous les droits sur son Cœur... C'est un cœur à cœur pour toute une vie… C'est vivre avec... toujours avec... C'est se reposer de tout en Lui, et Lui permettre de se reposer de tout en notre âme !... [Note Intime 13]

En disant ainsi le désir que Dieu a de nous et… que nous avons de lui, n’exprime-t-elle pas aussi la réalité de ceux qui aiment en vérité ? Ce qui est bien communier à l’attente de tous les hommes…

Le périple de l'Astre
 

Pour l'Avent 

Soyons vrais...

 

Autour de la Prière

Du Silence au Silence

Ouverture

Dans le souffle

Immobile mobilité

L'excès du Mystère

Adresse transformante

Le Mystère du Crucifié

épouse de l'Amour

Bienheureuse impuissance

Dans la Lumière de l'Amour

 

Autour de quelques mots

Esprit Saint

Louange

Saint Sacrement

Silence

Trinité

Eucharistie

Elle est venue l'adorer